Vers une guerre des terres ?

Ici en Ile-de-France, les terres arables pourraient devenir rares. C’est le constat que j’ai fait en regardant quelques chiffres : l’Ile-de-France perd 1.400 hectares de terres agricoles par an, et ce depuis 10 ans. Ainsi en 25 ans, l’Ile-de-France a perdu 7,40 % de sa surface agricole. Le problème c’est que la demande alimentaire des franciliens, elle, ne cesse de croître.

Cette disparition est d’autant plus grave que les terres agricoles jouent un rôle clé dans la lutte contre le réchauffement climatique puisqu’elles stockent naturellement le CO2 de l’atmosphère. Les îlots de chaleur pendant l’été, ça vous dit quelque chose ? Ces terres agricoles franciliennes permettent justement de réguler les températures de Paris et sa banlieue, et de lutter contre ce phénomène que l’on ne connait que trop en région parisienne.

Dans ce contexte, il paraîtrait tout à fait logique de faire de la protection des terres agricoles une priorité politique, vous ne pensez pas ? Et pourtant, ce n’est pas ainsi que va le monde.

C’est ce que nous montre le projet EuropaCity. Situé dans le Val d’Oise, ce mégacomplexe commercial, porté par Immochan France (Groupe Auchan) et Wanda Culture Europe (Dalian Wanda Group), devrait voir le jour en 2024.

Le hic, c’est qu’il se situera sur la plus grande réserve de terres fertiles d’Ile-de-France. Des terres qui ont mis des centaines de milliers d’années à se créer, et qui pourraient être bétonnées en quelques mois. Alors même que la demande pour une alimentation de proximité n’a jamais été aussi grande !

Face à ce projet, un collectif s’est créé en 2011 : le Collectif pour le Triangle de Gonesse. Il propose une alternative ambitieuse à Europa city : le projet CARMA ou Coopération pour une ambition rurale métropolitaine et agricole, qui vise à faire du triangle de Gonesse un pôle d’excellence de l’agroécologie périurbaine. Pour porter ce projet, le Collectif a fait appel à Terre de liens Ile-de-France, une association qui accompagne l’installation des paysans et le développement de l’agriculture biologique. D’autres acteurs de l’agriculture et du développement rural en Ile-de-France, notamment Biocoop, France nature environnement, Fermes d’avenir, Les Champs des possibles et le réseau Amap ont rejoint l’initiative.

Et vous savez quoi  ? La mobilisation, ça paie !

Plusieurs associations de défense de l’environnement ont saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Et la première victoire est tombée le 6 mars : le tribunal a annulé l’arrêté préfectoral permettant la création de la zone à construire. L’affaire n’est pas finie, mais on peut espérer que ce succès contribuera à sauver des terres agricoles dont nous avons tous besoin ! Il en va finalement de notre souveraineté alimentaire.

 

 

 

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